À Monaco les 17 et 18 janvier 2009, en secret, un appartement du 6ème étage de l’immeuble sis rue de la Colle a été investi par les artistes no-made (Secret, Monaco). Pourquoi, aujourd'hui, lever le secret ?
L’immeuble va être démoli ; dans les gravats vont apparaître des signes de cette intervention éphémère. Ces traces vont se mêler à la mémoire des habitants, aux secrets des familles de cet immeuble, elles en seront l’expression à la fois vivante et intime.
Voir les oeuvres de rue de la Colle...
Ce passage des artistes no-made s’inscrit dans une sorte de constance depuis leur intervention in extremis sur la voie déferrée à Cap d’Ail et dans le gymnase de la MJC Picaud à Cannes, avant leur disparition. L’histoire de ce groupe se fond dans la vie des hommes et des femmes qu’il croise. Leurs histoires devenues communes sont faites de lumière et d’ombre, de dits et de non-dits, de secrets. Un autre sens de « secret », c’est cette alchimie créée par une idée, lancée et prise au vol par des artistes qui la transcendent et la restituent humblement et magistralement.
« Toucher », pour un artiste-plasticien, ça va de soi, c'est intrinsèque à sa démarche, à sa technique. Il se coltine à la matière, il l'utilise, il la prend en main, la palpe, la transforme, parfois la détruit, et ressent, en travaillant, toute la palette des sensations, du plaisir à la souffrance. Le contact est direct, fort, intime, subtil et le définit tout entier.
L'œuvre façonnée interpelle, donne une émotion, touche l'artiste avant de toucher « l'autre », celui qui regarde, et qui ne résiste pas toujours à l'envie de toucher. Alors, touché ou pas touché ? Toucher ou ne pas toucher ?
C'est de notre rapport au monde et aux "autres" dont il est question.
Quartier Mimont-Cannes, Cap d'Ail et Roure
Avec le thème choisi : Dehors, no-made sort des limites du jardin et part à la recherche de lieux où les débordements seront possibles : un milieu urbain marqué de tags, un gymnase délaissé, quelques plates bandes, une plage…
Un vrai défi pour le collectif d’artistes qui est confronté à une nouvelle problématique : le milieu urbain et l’inspiration du cinéma.
Dans cette nouvelle approche, le dehors devient un lieu de désir et d’imaginaire ; tout comme le cinéma, lui aussi vecteur de désir et d’imaginaire. Chaque artiste représente sa rencontre avec le cinéma à travers un film, un cinéaste, un scénario et donne à son œuvre le titre d’un film. L’espace exploité demande une scénographie particulière pour créer une passerelle entre les œuvres, les artistes, les films, le public… Passerelle qui constitue la force du projet.
Cannes Festival du Film, Cap d'Ail, Roure
Dans la continuité de sa démarche, le groupe no made aborde un thème sous forme de question : Jardin ? Pour son événement annuel les artistes s’interrogent sur leur présence et le sens de leur travail dans le jardin du Roc Fleuri, à Cap d’Ail, et à l’Arboretum de Roure.
Quels sont les liens visibles ou subtils qui se tissent entre le jardin réel, clos, organisé, entretenu, et des œuvres qui sont fruits d’un tout autre travail ? A chacun son jardin : concret ? Conceptuel ? Symbolique ? Secret ? Les sculptures et les installations sont autant d’invitations, d’incitations à regarder autrement, à transgresser ou à s’inscrire dans la réalité complexe du jardin.
L’espace clos se fait champ de liberté où tout est possible. Rencontres improbables : et si le loup y était ou intrusion du sauvage dans l’espace civilisé; détournements d’objets, de matériaux.
Comme dans le Jardin d’Epicure, si vous passez le portail, qui que vous soyez, vous participez à l’œuvre, à la métamorphose du lieu.